Back again

Publié le par VinX

Me voilà de retour de cette nouvelle édition des Utopiales...
Des souvenirs plein la tête, saturé d'émotions, de belles rencontres, d'amitiés,...
J'en suis encore tout tourneboulé.

Je voudrais en faire un compte-rendu, mais je m'en sens bien incapable. Comme tout ce qui me touche, le contour imprécis des mots peine à esquisser cette musique. Je vais tenter d'écrire un peu ce qui me traverse l'esprit, au fil de la plume.

Je suis parti vendredi dernier, et je me suis arrêté chez RaphaelB pour trois jours. ça a passé trop vite. Discussions passionnantes, virées dans Nantes, dessin, musique, écriture,... Pendant ce temps, les banlieues françaises se soulevaient et incendiaient des voitures : moi qui suis abonné aux incendies, je n'ai rien vu ! Il a fallu attendre lundi et les manchettes des journaux pour que j'apprenne ce qui se passait.

Lundi et mardi, montage des expos. Mercredi, ça commence presque, le soir soupé en compagnie de toute l'équipe, très bon, service brutal (!!!). Jeudi, coordination de la journée, vendredi, je vais chercher du monde à l'aéroport et au train (il faut dire que j'avais déjà bien commencé lundi). Samedi : j'anime la table ronde "Idées et images dans la science fiction", [ voir : http://www.utopiales.org/2005/programme-litteraire.asp ]
avec un Denis en forme, un David prolixe, un Jean-Marc contestataire, un Jean-Claude qui n'était pas d'accord : le débat idéal. Fred a fait une longue intervention sur son travail que j'estimais importante, que je voulais entendre dire car je partage absolument son point de vue. Catherine a pris également la parole a bon escient. Au final, j'étais stressé, mais j'ai passé un bon moment. J'étais tout le temps stressé à partir de vendredi. Je ne sais pas pourquoi cette année, le fait de parler en public m'horrifiais !
Une heure après ce débat, j'ai animé la rencontre avec Joe Haldeman. Je me sentais vraiment, vraiment mal. Je n'ai rien mangé de la matinée, et j'ai été très frustré car mon ami Philippe est monté exprès de Menton pour venir dire bonjour, et reparti à 13 heure. Entre deux, j'ai dû m'isoler dans une pièce pour préparer mes deux interventions du jour, reprendre mes notes éparses, mettre de l'ordre dans mes idées. Arrrrrgh... Philippe, ici je te dis merci : tu es le meilleur ami du monde. Désolé de ne pas avoir pris plus de temps...
La rencontre avec l'écrivain s'est déroulée plutôt bien, malgré que j'avais un casque défaillant qui hachait la traduction que je recevais, que j'étais terrorisé par le public, qu'une sorte de bruit blanc habitait mon cerveau d'une oreille à l'autre et que je lisais mes questions comme un écolier - quelle honte... Trop d'émotions. Pourtant je comprends l'anglais, mais je ne voulais pas rater un mot, résultat des courses, devant tant de paramètres à gérer - les questions, les réponses, mon stress, les perceptions déformées par le casque sur la tête, la prise qui fonctionnait à moitié, la voix du traducteur, le délai entre la traduction et les mots de Joe, le public... - je ne suis pas parvenu à interagir vraiment avec l'interviewé : je lisais mes questions en français, l'une après l'autre, il y répondait en anglais. C'était, à tous niveaux, un moment très fort, et lorsque Joe a évoqué le fait du meurtre dans la guerre, la façon dont la culpabilité accompagne et change une vie, il y avait dans l'air quelque chose d'essentiel et d'irréductible. J'aurais bien voulu aborder le contenu de l'oeuvre, entrer dans des questions peut-être plus centrée sur l'oeuvre, mais mon parti-pris a été de parler de l'homme.
Après, c'était... OUF.
La soirée de remise de prix bis (il y en a eu une vendredi), et le cocktail de la mort. Discussions variées et sympatiques, avec des personnes variées et sympathiques, et fin de soirée en compagnie de Joe et de sa femme, dans le hall du Novotel. Une très belle et magnifique rencontre. Je ne saurais en parler très bien, mais en deux mots, j'ai eu cet étrange sentiment d'une reconnaissance mutuelle. On s'est découvert plein de points communs et une vision du monde similaire. L'alcool aidant, il a fallu retourner se coucher. Le lendemain, dimanche, plein d'étoiles dans la tête. Dernière journée du festival, c'est toujours très étrange. Denis a fait une magnifique démonstration de la manière dont il conçoit une case de bande-dessinée, de l'idée à la couleur, le tout à l'ordinateur, en montrant bien à quel point le rendu peut-être proche de celui sur papier. Je me baladais avec le micro et parcourais du regard le public pour les questions qui étaient vraiment intéressantes. La démo était hypnotique, tout le monde fasciné. Décidément à refaire !
Nouvelle soirée au Novotel, on s'est abreuvé à qui mieux mieux, c'était plein d'émotions à nouveau, et je ne saurais la résumer : rires, amitiés, sourires, chaleur humaine,...
Je voudrais parler des québecois, des gens vraiment sensationnels, des belles rencontres que j'ai faites, humainement, des discussions passionnantes, des projets qui se sont dessinés, de l'équipe formidable, nombreuse et magnifique des Suisses, de tout ce qui a fait la densité et la force de cette édition des Utopiales, mais c'est simplement trop.
Salut à Fred(s), Yoann, Joe, Gay, Patrick(s), Jean, Elisabeth, Stéphanie, Patrice, Lucas, Richard, André, Sylvie, Daniel, Raph, Hedwig et son mari, San, Philippe, tous les Suisses, tous les grecs, tous les québecois, tous les américains, tous les anglais... Tout le monde !

Merci à tous.

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Publié dans Tout ou rien

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