Propos tardifs
Une petite note un peu au hasard de l'inspiration.
Post-éthylique et nocturne.
Ou plutôt, du petit matin. A ces heures, toutes les musiques ne conviennent pas. Je recommande Asik Veysel. Bon, tant qu'on y est : Güzelligin On Para Etmez est un bon choix.
Je devine l'aurore qui pointe son nez entre les brumes de la nuit, au fil de l'eau, entre les arbres, à la lisière des immeubles. Peu de métiers demandent de se lever tôt le dimanche. Certains se réveillent déjà, alors que je vais me coucher, et avancent à tâton vers leur salle de bain, les yeux ensommeillés. D'autres sont déjà en train de vêtir la combinaison de leur métier, de conduire leur voiture dans ce temps incertain, entre jour et nuit, entre un monde qui dort et un autre qui se réveille à peu près. Comment vivre ce temps décallé autrement qu'en se l'appropriant, en faisant sien l'étrangeté de ne pas partager le même rythme que la grande communauté des humains.
En ce moment, sur ce fuseau horaire, une partie de l'humanité partage la même heure. Et à mesure que les pas du soleil avancent entre les méridiens, d'autres façons de vivre, de dormir, de rêver. Une humanité, que ma pauvre conscience limitée est bien incapable de concevoir et d'appréhender, qui vit, s'éveille, sommeille et meurt. La vie ce n'est pas un seul cycle, ce sont des cycles entremêlés, qui s'engagent et se dégagent les-uns les-autres dans une mécanique du chaos indescriptible et imperceptible.
La vie c'est tout cela à la fois, pêle-mêle, jaillissement incessant de toute part et morne platitude, bave aux lèvres et regard au clair, pelotte de laine et mine anti-personnelle.
Glisser sa conscience à l'écart du monde pour en goûter les frontières, c'est oublier un instant sa propre solitude.
Et la vôtre.
Post-éthylique et nocturne.
Ou plutôt, du petit matin. A ces heures, toutes les musiques ne conviennent pas. Je recommande Asik Veysel. Bon, tant qu'on y est : Güzelligin On Para Etmez est un bon choix.
Je devine l'aurore qui pointe son nez entre les brumes de la nuit, au fil de l'eau, entre les arbres, à la lisière des immeubles. Peu de métiers demandent de se lever tôt le dimanche. Certains se réveillent déjà, alors que je vais me coucher, et avancent à tâton vers leur salle de bain, les yeux ensommeillés. D'autres sont déjà en train de vêtir la combinaison de leur métier, de conduire leur voiture dans ce temps incertain, entre jour et nuit, entre un monde qui dort et un autre qui se réveille à peu près. Comment vivre ce temps décallé autrement qu'en se l'appropriant, en faisant sien l'étrangeté de ne pas partager le même rythme que la grande communauté des humains.
En ce moment, sur ce fuseau horaire, une partie de l'humanité partage la même heure. Et à mesure que les pas du soleil avancent entre les méridiens, d'autres façons de vivre, de dormir, de rêver. Une humanité, que ma pauvre conscience limitée est bien incapable de concevoir et d'appréhender, qui vit, s'éveille, sommeille et meurt. La vie ce n'est pas un seul cycle, ce sont des cycles entremêlés, qui s'engagent et se dégagent les-uns les-autres dans une mécanique du chaos indescriptible et imperceptible.
La vie c'est tout cela à la fois, pêle-mêle, jaillissement incessant de toute part et morne platitude, bave aux lèvres et regard au clair, pelotte de laine et mine anti-personnelle.
Glisser sa conscience à l'écart du monde pour en goûter les frontières, c'est oublier un instant sa propre solitude.
Et la vôtre.
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