ça me fait encore rire (dans la nuit, tout seul)
Du matin à 8h jusqu'à minuit (voire plus), je suis devant mon ordinateur. Quand je décroche, je me balade sur des blogs, je mets des couleurs sur le mien, ou des textes dans le genre de celui-ci. Quand j'asphyxie dans ma propre odeur, je vais à la fenêtre du salon que j'ouvre en grand, je m'assois sur le bord avec un thé - c'est à ce moment que le miaou débarque et se frotte les moustaches contre le fer forgé qui m'empêche de m’écraser en contrebas.
Mais pourquoi rester si longtemps dans le noir ? Et pourquoi devant un ordinateur ? Ben un ordinateur c'est plutôt commode pour rédiger mon mémoire. Si je reste longtemps dans l'obscurité, c'est parce que le contraste d'une lumière ambiante me fait mal aux yeux. Bon, reste à savoir pourquoi je passe autant de temps DANS LE NOIR et DEVANT UN ORDINATEUR... C'est parce que, foutu lecteur qu'il faut prendre par la main : JE REDIGE MON FOUTU MEMOIRE !
Et croyez moi, c'est dur, long et pénible. Ce n'est pas tant le fait du mémoire que la matière elle-même.
Je suis vraiment un imbécile. Réellement. J'ai opté pour ce qui constitue l'exacte antithèse de mes compétences, à savoir une comptabilité. Mais pas n'importe laquelle. Ouh là là, ce serait une bonne compta de derrière les fagots, je dirais pas non, une bien propre, photocopiée, ou imprimée - même faxée, tiens. Non, non, non, non, non ! J'ai choisi pire, moi, Madame-Monsieur, je me suis engagé dans l'étude d'une comptabilité médiévale. 15 comptes qui s'échellonnent entre 1375 et 1408.
Et ce soir, aux heures les plus sombres de la vérification de ce que j'ai écrit, dans l'enfer miniature des notes de bas de page, je me prends à regretter... Il serait trop vaste, long, pénible et sentencieux d'apprendre ce que je regrette, mais je le regrette. Je le regrette tellement que je regrette aussi que ce soit une comptabilité écrite en latin. Même pas un latin bien de chez nous, du pote Cicéron ou du copain Sénèque, non : du latin médiéval... Truffé de franco-provençaleries sans chips.
L'horreur.
Et dans cette besogne infernale, je tombe régulièrement sur une imbécillité commise il y a une ou deux semaines, et qui continue de me faire rire, un peu comme le galérien qui, truffé d'esquilles de bois entre les cloques à vif, se surprend à rigoler parce que le fouet du garde-chiourme l'a raté - mais il sursaute quand même, par habitude et pour ne pas contrarier.
Il y a quelque temps donc, j'ai utilisé le sélectionner-remplacer de word pour remplacer l'abréviation "sm" - absolument révélateur de la nature de ce travail. Et hop, le programme me remplace tous les "sm" par des "Saint-Maurice". Malheureusement Word remplace aussi les "sm" à l'intérieur des mots, si bien que, à l'instant – je veux dire avant de rédiger cette note, il commence à y avoir un moment - je tombe sur le mot " urbaniSaint-Mauricee".
Et ça m'a fait rire.
Tout seul.
Dans le noir.