Rodolphe et moi
Rodolphe est mort à 46 ans. J'aimerais beaucoup vivre plus longtemps que lui. Il faut dire que de son temps, la vie était dure. Et il était fragile du foie. Je crois que moi aussi d'ailleurs (aaaaargh). C'est même pour cette triste raison qu'il est mort. Très jeune, un problème occulaire lui a été diagnostiqué, raison pour laquelle il a cessé le dessin pour se concentrer sur les langues mortes et l'enseignement - comme moi en fait, sauf que j'ai abandonné le dessin par découragement. Et puis les langues mortes, je n'ai jamais brillé - sauf en latin. Il faut dire que Rodolphe n'a jamais cessé complètement le dessin, et c'est même ce qui l'a fait connaître. Sa plume était également délicieuse, bien que je n'aie jamais lu un de ses romans. Et il habitait Genève, comme moi.
On le dit précurseur de la bande dessinée - pour ça, j'ai tout à prouver. Quand on pense que bien souvent il faisait ça pour le fun...
Aujourd'hui, il y a une école Tôpffer, un théâtre Tôpffer, un prix de la ville qui porte son nom, et une renommée internationale.
Dans "Voyages en zigzag", il raconte une excursion d'un pensionnat en vacances dans les cantons suisses. Il dresse notamment une typologie des touristes. Après avoir évoqué le "nono", touriste anglais qui conserve un "silence digne et national" et répond invariablement "no", le "uïuï", anglais qui n'ont pas peur "qu'un peu de bienveillante civilité les fasse prendre pour des Français", il expose le touriste en litière, le parleur, le furibond et surtout le constatant.
On le dit précurseur de la bande dessinée - pour ça, j'ai tout à prouver. Quand on pense que bien souvent il faisait ça pour le fun...
Aujourd'hui, il y a une école Tôpffer, un théâtre Tôpffer, un prix de la ville qui porte son nom, et une renommée internationale.
Dans "Voyages en zigzag", il raconte une excursion d'un pensionnat en vacances dans les cantons suisses. Il dresse notamment une typologie des touristes. Après avoir évoqué le "nono", touriste anglais qui conserve un "silence digne et national" et répond invariablement "no", le "uïuï", anglais qui n'ont pas peur "qu'un peu de bienveillante civilité les fasse prendre pour des Français", il expose le touriste en litière, le parleur, le furibond et surtout le constatant.
« Le touriste constatant est celui qui hante les galeries, les musées, les monuments publics, où, un itinéraire à la main, sans presque regarder, il constate. Tant que tout est conforme, il bâille; mais si l'itinéraire l'a trompé, il devient furieux, et on ne sait plus qu'en faire. »
La nature humaine change bien peu :)
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